#12 juin 26
Édito #12
« Éclectisme, ressources et exigence. » : en juin 2022, sortait le numéro #0 de CN D Magazine, guidé par ces trois mots et l’ambition de créer un espace journalistique bilingue pour réfléchir à la danse. Depuis quatre ans, chaque sommaire est élaboré, après discussions au sein du comité éditorial, à partir de contributions de journalistes, de chercheurs et d’artistes, pour tenter au mieux de répondre aux singularités du secteur et à ses transformations.
Ce numéro #12 met à nouveau en avant les enjeux politiques et sociétaux qui traversent la danse en France. À l’heure où les femmes restent peu nommées à la tête des lieux institutionnels, comment insuffler des manières de diriger plus féministes ? Et alors que la place des enfants dans la société fait débat, en quoi les réflexions sur le consentement peuvent-elles informer la conception des ateliers d’éducation artistique et culturelle ?
La couverture des sujets internationaux est intensifiée, en décryptant l’attrait pour la technique de Germaine Acogny en Afrique et dans le monde, en faisant entendre les voix des chorégraphes de Palestine et en plongeant dans la scène voguing de Tunis, où les droits LGBTQIA+ sont menacés.
L’actualité de la création reste centrale : portrait de la chorégraphe et musicienne Katerina Andreou au style intense, décryptage des collaborations entre designers de mode et chorégraphes contemporains et inauguration du Podcast L’écriture chorégraphique, en tête à tête avec Soa Ratsifandrihana. Une place est aussi faite aux pionniers, comme la regrettée Elsa Wolliaston, décédée en mars dernier.
Les séries d’articles se poursuivent, offrant du temps et de l’espace aux sujets les plus complexes. L’année 2026 est consacrée au dossier “Décoloniser les gestes”, amorcé lors du dernier numéro avec une perspective française et belge. Le numéro #12 ouvre un deuxième volet aux États-Unis, en exposant les avancées du département de danse et de performance de Spelman, université historiquement dédiée aux femmes noires à Atlanta. Il clôt aussi une Carte Blanche au chorégraphe Christian Rizzo, artiste associé au CN D en 2025 et 2026.
Du côté des pratiques amateurs, un focus sur la Gigabarre classique, devenu un incontournable des festivals, annonce l’entrée dans l’été.